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Le marché en 2020-2021 in Paris

Le marché français des cabinets d’avocats en 2020 L’épidémie de la Covid-19 aura sans aucun doute été le marqueur de l’année 2020. Mais si la pandémie est un évènement de nature universelle, ses effets sont en revanche inégalement répartis. Alors que certains luttent pour leur survie, d’autres sont simplement épargnés quand les plus chanceux en sortent même renforcés. Sur cette échelle, la profession d’avocats penche dans sa majorité vers le groupe des plus fortunés. Comme sur l’ensemble du reste de la population, la crise sanitaire de la Covid-19 a eu un impact disruptif sur la profession ; les avocats ont dû eux aussi embrasser le travail en « distanciel ». En revanche, ils n’ont pas connu le chômage partiel, au contraire. A la plus grande surprise et au plus grand soulagement des grandes firmes parisiennes, l’année 2020 a permis d’enregistrer d’excellents résultats, certains cabinets ayant même réalisé l’une de leurs meilleures années en termes de revenus : « 2020 aura été une année remarquable pour les fusions-acquisitions et le private equity ! C’est incroyable ! » commente un associé d’un grand cabinet. Les avocats spécialisés dans les domaines du droit social, des assurances et du retournement d’entreprises ont tenu les premiers rôles au début de l’épidémie de la Covid-19. Ils sont devenus indispensables à des clients confrontés à des situations d’urgence inédites et particulièrement périlleuses. Lors du premier confinement du printemps 2020, ils ont été aux chevets des entreprises pour mettre en place de nouveaux protocoles sanitaires et d’organisation du travail, et sécuriser les aides financières d’urgence disponibles. « Ce fut une année complètement folle ! » résume un grand avocat du restructuring. Les autres domaines du droit des affaires, pour certains pourtant fortement exposés aux aléas de la Covid-19 tels que le secteur immobilier, ont également très bien tiré leur épingle du jeu. « Les cabinets d’affaires ont été très résilients » conclut l’associé gérant d’une grande firme mondiale. Cependant, face aux incertitudes générées par l’épidémie de la Covid-19, de nombreux cabinets d’avocats ont préféré se montrer précautionneux en abaissant les rémunérations des associés et en gelant les nouveaux recrutements pour l’année 2020. D’autres au contraire, encouragés par leurs bonnes performances, ont pris le parti de tenir leurs objectifs de promotion et de recrutement. Enfin, les plus téméraires ont vu dans la crise une opportunité de croissance de leurs parts de marché : « Nous allons continuer à recruter et à investir dans les domaines qui nous font défaut » a par exemple déclaré le managing partner d’une grande firme internationale. Il est vrai que la crise de la Covid-19 aura aussi eu des effets bénéfiques sur la profession, notamment en accélérant sa mutation numérique. L’apport est particulièrement parlant dans la sphère contentieuse. Lors du premier confinement, les tribunaux ont fermé leurs portes et ajourné leurs audiences jusqu’à la levée des restrictions sanitaires. Le système judiciaire français est alors apparu à l’arrêt, presque un vestige d’une époque révolue – un avocat s’est même laissé aller à une confidence en admettant que « les avocats pénalistes faisaient encore usage du fax ! ». A l’heure du deuxième confinement de l’automne 2020, l’ordre judiciaire avait accompli sa révolution numérique et fait son entrée dans l’ère de la modernité ; les tribunaux sont restés cette fois-ci en fonctionnement et les avocats de contentieux ont alors connu une période d’intense activité. Si la technologie numérique a été la planche de salut de beaucoup de professions pendant la crise sanitaire (y compris celle des avocats), les acteurs économiques sont également redevables envers le gouvernement, qui a déployé à leur intention tout un dispositif de protection « quoi qu’il en coûte», selon la formule consacrée du Président Macron. Et les coûts sont extraordinaires. L’un des principaux mécanismes de soutien aux entreprises a consisté en le déblocage de prêts garantis par l’état (PGE) à hauteur de 300 milliards d’euros. Les sociétés ont reçu d’importantes aides financières selon ce plan, dont les premiers bénéficiaires ont été Renault (5 milliards d’euros) et Air France-KLM (4 milliards d’euros). Parallèlement, plusieurs fonds de solidarité d’urgence ont été mis en place pour les secteurs les plus touchés par l’épidémie, tels que la culture, le tourisme, l’hôtellerie, la restauration et l’aéronautique – cette dernière filière s’étant vue attribuer à elle seule une aide gouvernementale record d’un montant total de 15 milliards d’euros. En conséquence, l’impact économique tant redouté de la crise de la Covid-19 sur l’emploi et les entreprises a été moindre qu’initialement envisagé. Le taux d’entreprises ayant fait faillite a même diminué de 30% par rapport à 2019, à la surprise de nombreux observateurs. Les avocats de droit social ont été les premiers étonnés de la relative bonne santé de leurs clients, surpris de n’avoir pas eu à procéder à de nombreux PSE comme ils le craignaient. Dans la plupart des cas, les grands plans de réduction d’effectifs ont en effet plutôt concerné des sociétés déjà mal en point, et pour certaines d’entre elles, la crise de la Covid-19 leur a même offert la chance de percevoir un soutien financier auquel elles n’auraient pu prétendre en temps normal. Ainsi, plusieurs observateurs considèrent avec un certain scepticisme le dispositif de PGEs et de mécanismes financiers de solidarité, pensant qu’il ne fait que retarder soit l’avènement inévitable d’une crise économique, ou a minima l’émergence des difficultés des entreprises. Les calculs de l’OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Economiques) semblent les conforter dans cette analyse en estimant un recul du PIB français de 9,5 % et une perte de revenu de 191 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année 2020 pour l’économie française, « perte jamais observée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ». Beaucoup attendaient l’année 2021 avec une teinte mêlée d’espérance et de crainte, convaincus qu’un retour à la normale serait aussi accompagné d’énormes challenges à relever : réparer la « casse » de la Covid-19 et reconstruire l’économie. L’anxiété est toujours palpable sur le marché : « On était préparés. On attendait une crise ; elle est arrivée par où on ne l’attendait pas, par la Covid-19 ! Mais ça a été paradoxalement assez calme jusqu’ici. Et on a l’impression aujourd’hui d’être à cet instant critique où la mer s’est retirée et on attend l’arrivée du tsunami » s’inquiétait un avocat spécialiste du retournement des entreprises à l’aube de l’année 2021. En termes plus prosaïques « de business », cela annonce une année 2021 chargée, certainement pour les avocats experts en droit social et en retournement d’entreprises, mais aussi pour les spécialistes d’autres domaines juridiques comme le regulatory, la conformité, l’éthique et les enquêtes ; autant de matières déjà émergentes investies par les cabinets d’affaires, mais que la crise de la Covid-19 semble avoir propulsées au cœur du monde des affaires. Pour l’associé corporate d’une grande firme internationale, la Covid-19 a été « un simple accélérateur de tendances, caractérisées par l’implication croissante des pouvoirs publics » dans la vie économique. « Le travail de fusions-acquisitions a changé ; maintenant il nous faut aider les dirigeants à justifier leurs opérations auprès des autorités publiques. Plus rien n’est acquis. C’est la fin de la routine. Pour les avocats, il faut rompre avec un business model trop standardisé. » Historiquement, l’Etat français est actionnaire de beaucoup d’entreprises françaises emblématiques et par ce biais, a toujours été un acteur du marché des fusions-acquisitions. La récente bataille entre Veolia et Suez a encore rappelé avec éclat son rôle central. Cependant, et en concordance avec le retour du protectionnisme au plan mondial ces dernières années, l’Etat français a encore accentué le poids de son intervention économique en ayant recours à son pouvoir réglementaire régalien. Le mécanisme des investissements directs étrangers (IDE) est un exemple parlant. Selon ce dispositif, les entreprises étrangères souhaitant investir dans certains secteurs économiques doivent obtenir une autorisation gouvernementale. Initialement circonscrit à un nombre restreint de secteurs stratégiques, dont l’énergie et la défense, le mécanisme des IDE a été étendu à plusieurs nouveaux domaines en 2019 ; et a ainsi permis à l’actuel Ministre de l’Economie Bruno Le Maire de faire obstacle à plusieurs transactions. L’un de ses plus récents et éclatants faits d’armes, et certainement le plus controversé, s’est produit au début de l’année 2021 lorsque le Ministre a annoncé qu’il mettrait son veto à une offre de rachat du Canadien Couche Tard sur la chaîne de supermarché Carrefour (premier employeur privé de France) au motif que la souveraineté alimentaire du pays serait alors mise en jeu. La position du Ministre de l’Economie sur ce dossier est symptomatique d’un nouvel activisme étatique. Plusieurs observateurs ont même vu dans cette intervention gouvernementale le franchissement d’une nouvelle étape, qui aux yeux des plus inquiets est un dangereux précédent. Mais la crise sanitaire de la Covid-19 et la question de la souveraineté nationale et économique ne sont pas les seuls facteurs disruptifs pour les entreprises. Les considérations sociales et environnementales commencent elles aussi à pénétrer au cœur du monde économique. Selon un avocat très au fait de ces questions, l’éthique et la responsabilité sociale et environnementale, qui ont longtemps été de la « soft law » faite de de recommandations ou de chartes non contraignantes, sont en train de devenir de la « hard law » dont les dispositions sont invocables devant les tribunaux. Plusieurs textes législatifs emblématiques, comme la loi relative au devoir de vigilance de 2017 et la loi Sapin Anticorruption de 2019, ont en effet introduit de nouveaux standards de transparence et de responsabilité en droit français. En 2020, le gouvernement a par ailleurs annoncé qu’un nouveau type de délit contre l’environnement (le délit d’écocide) ferait son entrée prochaine dans le corpus juridique. Pour de nombreux avocats, une nouvelle ère se profile où le monde des affaires, comme celui de la sphère politique et gouvernementale, sont désormais soumis à une vigilance renforcée de la part de la société civile. Les premières actions climatiques visant les entreprises et l’Etat français ont d’ailleurs été lancées en 2020 en France par des ONGs et des entités publiques locales. Et pour la première fois, l’État français a été reconnu fautif en matière de lutte contre le changement climatique par un tribunal administratif dans un jugement historique du 3 février 2021. Les dossiers de corruption font aussi régulièrement les grands titres de la presse ces dernières années dans le pays. Plusieurs grandes entreprises ont ainsi reçu des amendes aux montants sans précédents en France : UBS a été condamné au paiement d’une amende record de 3,7 milliards d’euros pour évasion fiscale dans un procès en première instance tenu en 2019 – la banque a fait appel du jugement. Airbus a consenti au versement d’une amende de 2,1 milliards d’euros par la signature d’une CJIP (convention judiciaire d'intérêt public) avec le parquet en 2020, mettant ainsi fin à diverses poursuites pour corruption. Les anciens responsables politiques sont aussi nombreux à être passés sous les fourches caudines de la justice. Plusieurs procès retentissants se sont tenus en 2020 et ont donné lieu à des prononcés de prison ferme, quand l’année 2021 a commencé dans la même veine. Plusieurs de ces affaires concernent l’ancien Président de la République Nicolas Sarkozy et son entourage. Un premier procès pour corruption, tenu à l’automne 2020, dans l’affaire des écoutes, a conclu à la culpabilité de l’ancien chef d’Etat et de son avocat Thierry Herzog. Par cette décision, il est devenu le premier Président de la République Française à se voir infliger une peine de prison ferme (il a fait appel de la décision, ainsi que son avocat Maître Herzog). Un autre procès pour financement illégal de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 s’est déroulé en mars 2021. Toujours dans le sillon de l’ère Sarkozy, son ancien Premier Ministre François Fillon et sa femme ont aussi inauguré les prétoires. Ils ont été mutuellement condamnés à des peines de prison dans l’affaire des emplois fictifs en juin 2020. L’ex-Premier Ministre a écopé d’une peine de cinq ans de prison, dont deux ferme, quand sa femme a reçu une peine de trois ans de prison avec sursis. Leur procès en appel devrait se tenir au cours de l’année 2021. L’affaire Karachi a été l’occasion de revenir sur le financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995. Ce long feuilleton judiciaire a enfin trouvé son épilogue : la Cour de Justice de la République a relaxé l’ancien Premier Ministre mais son ex-Ministre de la Défense François Léotard a lui été condamné à deux ans de prison avec sursis (il a annoncé qu’il formerait un pourvoi en cassation). Les ministres toujours en exercice ne sont pas non plus épargnés ces jours-ci. L’actuel Ministre de la Justice et avocat pénaliste de renom Eric Dupond-Moretti fait l’objet d’une enquête pour corruption. Une enquête pénale est également ouverte, concernant plusieurs anciens et actuels ministres du gouvernement Macron, suite au dépôt de plusieurs plaintes pour « mise en danger de la vie d’autrui », « non-assistance à personne en danger »  et « homicide involontaire » tenant à la gestion politique de la crise sanitaire de la Covid-19. Ces quelques affaires citées ne sont que plusieurs exemples parmi de nombreux cas illustrant l’exigence croissante pesant désormais sur les épaules des dirigeants économiques et politiques en matière de responsabilité et d’éthique. Si la quête d’une vie économique et politique plus saine, transparente et vertueuse semble tout à fait justifiée, certains cependant s’alarment de certaines dérives et excès possibles. L’une des inquiétudes majeures réside notamment dans le risque d’amalgame entre responsabilités politique et pénale, comme plusieurs affaires récemment jugées ou en cours s’en sont fait l’écho. C’est aussi le signe que les droits de l’homme et de l’environnement sont devenus des matières à part entière du droit des affaires. Les principaux mouvements du marché des cabinets d’avocats en 2020 et dans les premiers mois de 2021: Le mercato des cabinets d’avocats a été particulièrement animé tout au long de l’année 2020, et n’a pas faibli en 2021 avec l’annonce quasi-quotidienne de la création d’une nouvelle boutique dans la presse spécialisée. Voici quelques-uns des mouvements les plus remarquables du marché parmi les grands cabinets d’avocats : KPMG Avocats, France est certainement l’une des firmes les plus dynamiques de la place en matière de recrutement. Lancé en 2019, le cabinet se range déjà parmi les plus importants du marché en termes d’effectifs avec 500 avocats et professionnels basés à Paris et en province. Depuis son lancement, le cabinet full-services a effectué de nombreux recrutements ; parmi les derniers on peut noter l’ajout de spécialisations en IP/IT et en droit des assurances suite à l’arrivée de nouvelles équipes dans ces domaines en 2020. A l’instar de KPMG Avocats, la firme anglo-saxonne  Bryan Cave Leighton Paisner LLP compte aussi parmi les acteurs du marché connaissant une des croissances les plus rapides. Le cabinet a doublé la taille de ses effectifs en 2020 : au premier semestre, il a été rejoint par une équipe d’une trentaine d’avocats en provenance de  Franklin, comprenant plusieurs personnalités reconnues dans les domaines de la fiscalité, de l’immobilier, des fusions-acquisitions, de la concurrence et du droit social ; puis au deuxième semestre, une équipe de six avocats spécialistes de l’immobilier, emmenée par Pierre Popesco, a également grossi les rangs du cabinet en provenance de   CMS. Au début de l’année 2021, Didier Bruère-Dawson (exBrown Rudnick LLP  ) est arrivé au sein de la firme pour lancer la pratique d’entreprises en difficulté. A noter cependant, le départ d’une partie de l’équipe originale du cabinet pour la firme anglaise Addleshaw Goddard qui a été lancée à Paris au début de l’année 2021. Firme entièrement dédiée au marché africain,  Asafo & Co. a été fondé en 2019 par l’ancien associé gérant d’ Orrick Rambaud Martel,  Pascal Agboyibor, Le cabinet a effectué plusieurs recrutements latéraux en 2020 : il a été rejoint par l’associé de droit bancaire Alain Gauvin (ex LPA-CGR avocats), l’associée corporate   Noro-Lanto Ravisy (ex Astaé Partners), l’associé fiscaliste Arnaud de Brosses (ex Arsene) et l’associée spécialiste du contentieux  Isabelle Rouche (ex Gide Loyrette Nouel A.A.R.P.I.). Enfin, la firme anglaise  Addleshaw Goddard a ouvert ses portes en février 2021 à Paris. Elle comptabilise un effectif d’une vingtaine d’avocats, dont sept associés en provenance de Bryan Cave Leighton Paisner LLP et K&L Gates LLP. Parmi les figures les plus reconnues, on peut citer l’associé gérant Rémy Blain, le spécialiste de l’immobilier Edouard Vitry, et l’associé pénaliste David Père. Ci-dessous quelques-uns des mouvements les plus notables par domaine d’expertise : - Le mercato a encore connu une année très agitée dans le secteur des entreprises en difficulté : Alexandra Bigot , l’une des stars du marché, a quitté Willkie Farr & Gallagher LLP  pour renforcer la pratique de  Latham & Watkins ; Paul Hastings LLP a lancé sa pratique suite au recrutement d’un des experts les plus réputés du marché en la personne de Guilhem Bremond, associé fondateur d’une des boutiques les plus respectées : feu Bremond & Associés ; Clifford Chance a entièrement réorganisé son équipe:  Delphine Caramalli  (ex Bremond & Associés) a pris la tête de la pratique de la firme du magic circle; quand son ancien responsable Reinhard Dammann a fondé  Dammann Avocat et son ancien counsel  Gilles Podeur  est allé rejoindre Alerion en tant qu’associé ; Kristell Cattani (ex Bremond & Associés) a lancé la pratique de  Taylor Wessing ; Simon Associés a recruté Emmanuel Drai, qui exerçait au sein de son propre cabinet, quand Stéphane Cavet a inversement quitté le cabinet pour mettre sur pied la pratique de Chammas & Marcheteau ; Matthieu Barthélemy a quitté De Gaulle Fleurance & Associés pour créer la pratique de la boutique immobilière Fairway A.A.R.P.I.. Enfin, Jeantet a relancé sa pratique suite au recrutement de Laïd Estelle Laurent   et Bertrand Biette de FIDAL.; quand Bryan Cave Leighton Paisner LLP s’est doté d’une pratique dans le domaine des entreprises en difficulté suite au recrutement de  Didier Bruère-Dawson de Brown Rudnick LLP . - La pratique contentieuse et de résolution des litiges a aussi connu de nombreux mouvements d’envergure, parmi lesquels : Quinn Emanuel Urquhart & Sullivan, LLP a fait les grands titres de la presse spécialisée suite au recrutement de l’ancien vice-procureur du Parquet National Français,  Eric Russo (premier membre éminent de l’institution à rejoindre un cabinet d’avocats), qui a été impliqué dans plusieurs des grands dossiers du pays dont les affaires de l’évasion fiscale d’HSBC et de corruption d’Airbus. En droit pénal, il faut aussi noter les arrivées de  Jean Tamalet chez King & Spalding LLP et Félix de Belloy chez Hughes Hubbard & Reed LLP ; Plusieurs changements notoires dans le milieu de l’arbitrage international ont aussi marqué les esprits :  Shearman & Sterling LLP a perdu son groupe d’élite, qui après avoir dominé le marché pendant plusieurs décennies est parti fonder la boutique éponyme  Gaillard Banifatemi Shelbaya Disputes au début de l’année 2021. Autre grande firme d’arbitrage, Dechert LLP a recruté la très réputée  Claudia Annacker de Cleary Gottlieb Steen & Hamilton; Clyde & Co LLP a fait plusieurs recrutements de qualité en la personne de Hery Ranjeva  et Ivan Urzhumov (ex Foley Hoag ); Squire Patton Boggs a lancé sa pratique parisienne en accueillant  Sabrina Aïnouz et Jérôme Lehucher, après leur bref passage par DWF (France) AARPI . Deux autres boutiques prometteuses ont aussi vu le jour : Medici a été créé en juin 2020 par un quartet d’associées talentueuses que sont Marie-Laure Bizeau (ex Derains & Associés), Valence Borgia (ex K&L Gates LLP), Caroline Duclercq (ex Altana) et Delphine Pujos (qui était à son compte); et la boutique Audit Duprey Fekl qui a vu le jour en janvier 2021 sous l’impulsion de Mathias Audit, Pierre Duprey et Matthias Fekl. Il faut aussi citer quelques derniers mouvements remarquables : En droit public : le très réputé Jean-Luc Champy  a quitté Orrick Rambaud Martel pour White & Case LLP ; En droit social: la très renommée boutique Vivant Chiss s’est séparée en deux entités:  Antoine Vivant a fondé Vivant Avocats avec Caroline Merle et Bertrand Castex, quand  Romain Chiss, Florence Froment-Meurice et  Erwan Jaglin ont créé Karman Associés. Hélène Daher, qui a fait un bref passage chez Vivant Chiss en 2019, a lancé sa boutique Daher Avocats ; En corporate:  la boutique Perchet Rontchevsky & Associes  a été fondé par l’excellent  Christophe Perchet (ex Davis Polk & Wardwell LLP), le professeur de droit  Nicolas Rontchevsky et Jean-Christophe Devouge (ex collaborateur chez Davis Polk & Wardwell LLP); la boutique française Bichot & Associés a annoncé son rapprochement avec Curtis, Mallet-Prevost, Colt & Mosle LLP, quand Hogan Lovells (Paris) LLP a renforcé son équipe suite au recrutement de Matthieu Grollemund et Hélène Parent de Baker McKenzie en janvier 2021; En IP/IT: le très réputé Franck Valentin a quitté Altana pour DLA Piper au début de l’année 2021; En droit fiscal: après une douzaine d’année passée chez Franklin  qu’il a cofondé,  Jérôme Barré  et son équipe spécialiste de la gestion patrimoniale ont créé la boutique  Barré et Associés; Renaud Jaune a rejoint Baker McKenzie en qualité de senior counsel en provenance de l’Agence Française Anti-corruption ; enfin Stéphane Chaouat  a quitté Weil, Gotshal & Manges LLP pour la boutique de résolution des différends Quinn Emanuel Urquhart & Sullivan, LLP. Le podium: Les cabinets d’avocats leaders du marché français de droit des affaires sont: Parmi les cabinets français: Bredin PratDarrois Villey Maillot BrochierGide Loyrette Nouel A.A.R.P.I. – wqui demeure la seule firme française véritablement internationale avec un effectif global d’environ 550 avocats répartis entre 12 bureaux situés à travers le monde –, et De Pardieu Brocas Maffei; Parmi les cabinets anglais: les firmes du Magic Circle  Allen & Overy LLPClifford ChanceFreshfields Bruckhaus Deringer LLP et Linklaters. Parmi les firmes américaines:  Cleary Gottlieb Steen & Hamilton – qui est souvent considéré comme la première firme américaine du marché français –,  Latham & WatkinsOrrick Rambaud MartelWeil, Gotshal & Manges LLP et White & Case LLP ; Les firmes anglaises et américaines suivantes se rangent également parmi les acteurs de premier plan  du marché français:  Ashurst LLPBaker McKenzieCMSDechert LLPDentonsDLA PiperGibson DunnHerbert Smith Freehills LLPHogan Lovells (Paris) LLPMayer BrownPaul Hastings LLPShearman & Sterling LLP et Willkie Farr & Gallagher LLP ; Chez les Français, les cabinets suivants sont également des acteurs incontournables offrant un très haut niveau d’expertise:  August DebouzyBDGS Associés, Peltier Juvigny Marpeau & AssociésViguié Schmidt & Associés  et Veil Jourde ; Sont également recommandés:  AltanaArchers A.A.R.P.I.AYACHEBCTG AvocatsCarbonnier Lamaze RasleDe Gaulle Fleurance & AssociésDS AvocatsFairway A.A.R.P.I.FranklinFTMS AvocatsFTPAJeantetLPA-CGR avocatsLacourte Raquin Tatar et Racine. Enfin, on trouve sur le marché de nombreuses boutiques françaises qui sont des acteurs de référence, notamment dans les domaines de l'arbitrage, du droit social, du droit de la propriété intellectuelle, du droit fiscal et du droit pénal.