The Legal 500

Le climat en France reste anxiogène, aussi bien dans la rue qu’au sein des grandes firmes d’avocats. Le pays peine à se relever de la période Lehman. Malgré une relative amélioration au plan macroéconomique, la confiance est toujours aux abonnés absents. Le pays cherche sa voie sur de nombreux plans et l’élection présidentielle de 2017 nourrit à la fois tous les espoirs et des inquiétudes.

Pour les grands cabinets d’affaires de la place, et particulièrement du point de vue des cabinets internationaux, la France émerge de la crise financière comme un marché transactionnel mid-cap. Si le pays a connu un bon volume d’opérations de fusions-acquisitions en 2015, le nombre de deals high-end reste limité.

En revanche, le marché du capital risque et des levées de fonds bat des records. Aux yeux des investisseurs étrangers, la France est un incubateur de pépites relativement bon marché dans les domaines des technologies et des biotechnologies. Les prédictions des observateurs envisagent un doublement de la taille de ce segment de marché dans les années à venir; une bonne nouvelle surtout pour les cabinets français de taille moyenne.

Le secteur de l’immobilier, des loisirs et de l’hôtellerie demeure attractif. Les investisseurs étrangers, et notamment chinois et asiatiques, ont réalisé d’importantes opérations en 2015 dans ce domaine.

Mais les nouveaux vecteurs de croissance pour les grandes firmes résident maintenant dans le regulatory, le contentieux et l’Afrique.

En matière de concurrence par exemple, l’Autorité française est l’une des plus sévères en Europe. En 2014, elle a distribué un montant total record d’amendes excédant le milliard d’euros. En 2015, elle a délivré la plus importante amende (350 millions d’euros) jamais infligée à une seule entreprise.

On est entrés dans l’ère du contentieux’ résume un acteur du marché. Les grandes affaires de place en matière financière, de fraude fiscale et de corruption internationale se succèdent depuis l’affaire Cahuzac. Les autorités et pouvoirs publics sont mieux équipés, mieux formés et font preuve d’une certaine agressivité. Plusieurs avocats et leurs clients ont ainsi été mis sur écoute ou même condamnés dernièrement. Avec les affaires Tapie et Ricci, les questions d’éthique, de transparence et de moralité ont investi le cœur du monde des affaires. Dans la sphère de l’arbitrage international, les exigences de transparence s’appliquant aux arbitres en ont été renforcées.

Les enjeux financiers sont de plus en plus importants dans ce type d’affaires, et la tendance n’est pas prête de s’inverser sous l’impulsion des pouvoirs publics qui préparent notamment une Loi Sapin II en matière de prévention de la corruption internationale. En retour, les clients se battent au contentieux et n’hésitent plus à contester la légalité du régime juridique français devant les plus hautes juridictions. La relaxe obtenue par les avocats dans le dossier de droit pénal boursier EADS grâce à une QPC reposant sur le principe du non bis in idem est un succès que plusieurs avocats espèrent bien répéter dans des affaires en cours en matière fiscale et de corruption internationale.

Le marché des cabinets d’avocats, après une année 2015 relativement stable, a connu un printemps 2016 plutôt mouvementé:

La firme américaine Goodwin Procter a ainsi annoncé son intention d’ouvrir à Paris à l’été 2016 et a recruté à cette fin, une des équipes leaders du marché du LBO et du private equity en France: Maxence Bloch, Christophe Digoy, Jérôme Jouhanneaud, Thomas Maitrejean, William Robert et Pierre-Louis Sévegrand-Lions qui étaient depuis de nombreuses années chez SJ Berwin devenu King & Wood Mallesons.

Orrick Rambaud Martel a renforcé ses équipes en 2016, notamment auprès de Freshfields Bruckhaus Deringer LLP puisque le cabinet a été rejoint par plusieurs associés en provenance de la firme du magic circle: Hervé Touraine, Emmanuel Ringeval, Emmanuel Bénard et Patrick Tardivy. Olivier Edwards s’ajoute enfin à la liste, il était auparavant chez Gide Loyrette Nouel A.A.R.P.I..

Autre événement marquant, Lefèvre Pelletier & associés a annoncé fin 2015 son rapprochement avec la boutique CGR Legal pour créer un cabinet de près de 160 avocats, implanté en Europe et en Asie, dans le courant de l’année 2016.

Enfin parmi les autres mouvements notables d’associés, on note l’arrivée de Yann Utzschneider chez White & Case LLP, auparavant chez Gide Loyrette Nouel A.A.R.P.I..

Freshfields Bruckhaus Deringer LLP a connu plus départs importants d’associés en 2015 et 2016. Aux quatre associés qui ont rejoint Orrick Rambaud Martel, on peut également mentionner les départs de Maria Trabucchi pour BDGS Associés, Antoine Colonna d’Istria pour Norton Rose Fulbright et Jean-Claude Cotoni (senior counsel) pour August Debouzy.

Le cabinet CVML a traversé une période de restructuration en 2015, suite à des départs, quand Fasken Martineau a fermé son bureau parisien. Enfin le cabinet Reed Smith a lui aussi connu plusieurs départs d’associés en 2016.

Wragge Lawrence Graham & Co LLP enfin a encore changé de nom suite à sa fusion avec le cabinet canadien Gowling WLG en 2016.

ENTRETIEN AVEC...

Des avocats gérants et des chefs de domaines d'activités spécifiques expliquent comment leurs cabinet s'adaptent aux besoins de leurs clients

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